« Nous souhaitons avoir des mesures d’accompagnement »
Elu récemment membre de la Chambre de commerce et d’industrie de Côte d’ivoire de la région du Sud Comoé, Ouattara Alhassan est le directeur général de ‘’Wharf hôtel’’. Il est également le président de l’association des hôteliers, des restaurateurs et des acteurs du Tourisme (HOREST) de Grand-Bassam. Dans cet entretien, il nous décrit la situation critique des secteurs du tourisme et de l’hôtellerie en Côte d’Ivoire en général et plus particulièrement sur le cas de Grand-Bassam.
Qu’est-ce qu’on entend par HOREST dont vous êtes le président ?
‘’HOREST’’ est une organisation qui regroupe à la fois les hôteliers, les restaurateurs et les acteurs du tourisme de la ville de Grand-Bassam. Cette association existe depuis 2009. J’en suis le président depuis deux ans et j’ambitionne d’être bientôt le président national. Elle comprend environ deux cents(200 membres) ici à Grand-Bassam, sans compter bien d’autres sympathisants.
Vous présidez une association dont les acteurs exercent dans des secteurs sensibles parce que liés à l’environnement socio politique. Pouvez-vous faire un état deslieux des activités de ces secteurs.
Il faut dire que la situation générale de l’hôtellerie et du tourisme en Côte d’Ivoire et particulièrement à Grand-Bassam est mi-figuemi-raisin parce que, comme vous le savez bien, ces secteurs ont connu beaucoup de soubresauts depuis 2000 en raison de la situation socio- politique du pays. Le cas de Grand-Bassam est un peu particulier parce que, le tourisme est le secteur clé de l’économie de la ville. Donc, quand il y a un coup de feu qui est tiré, le secteur est automatiquement est grippé et les touristes ne viennent plus. Depuis 2011, au moment où on essayait de lever un peu la tête, voilà qu’est survenue une attaque terroriste le 13 mars 2016 ici à Grand-Bassam.Et très récemment encore, la ville a enregistré des troubles sociaux lors des élections municipales et régionales.Tout ceci est venu encore plomber les activités, mais nous ne baissons pas les bras.
On retient que la tâche n’est pas facile pour le président que vous êtes
Ce n’est pas du tout facile. C’est vraiment compliqué pour nous qui exerçons dans ces domaines parce que nous n’avons pas des mesures d’accompagnement alors qu’il y a des charges auxquelles nous sommes confrontés. Il y a des factures d’électricité, d’eau, les salaires des personnels à gérer, sans oublier les impôts etc, à payer. C’est d’ailleurs pour cela, nous ne cessons pas de lancer des appels afin qu’un plan Marshal soit institué pour la ville de Grand-Bassam. C’est la solution qui pourra nous permettre de nous relever véritablement.
On a quand même appris qu’après l’attentat, les acteurs du tourisme ont reçu une aide de l’Etat. Qu’en est-il ?
Effectivement les acteurs du tourisme ont reçu une aide estimée à 200 millions de francs FCA. Mais pour une association qui a au moins 200 membres, sans compter d’autres acteurs, imaginez combien chaque membre a perçu. C’est un peu comme une goutte d’eau dans la mer. Néanmoins, nous disons merci au chef de l’Etat pour ce geste mais attendons vraiment beaucoup plus de lui afin que nous puissions nous en sortir.
En termes d’engouement, y a-t-il encore des touristes Européens qui viennent à Grand Bassam ?
Il y a toujours de l’engouement chez les touristes parce que la ville de Grand-Bassam, de par son caractère historique attire toujours les touristes, mais ce que nous demandons, c’est surtout la paix et la tranquillité dans ce pays, parce que chaque fois qu’il y a des troubles, c’est nous qui en pâtissons. Franchement, le secteur du tourisme souffre beaucoup des troubles sociaux. En termes d’emploi, c’est le secteur du tourisme qui peut résorber le problème de chômage parce que nous employons un grand nombre de jeunes. C’est pourquoi nous voulons qu’il y ait la paix pour que nous puissions travailler dans la tranquillité
On trouve que tout est cher dans la ville de Grand-Bassam. N’est-ce pas un facteur qui peutempêcher les touristes nationaux de venir?
Grand-Bassam demeure foncièrement une ville touristique. Si vous voyez que des Européens payent leurs billets d’avion pour venir jusqu’ici c’est parce qu’ils veulent découvrir de belles choses à Grand- Bassam. C’est normal que la femme qui vend sa banane ou sa noix de coco gagne quelque chose parce que c’est une ville patrimoine de l’Unesco. Et puis, il n’y a pas mieux ailleurs que dans cette ville.
Votre association qui se décline comme un levier pour redynamiser le secteur du tourisme a-t-elle les moyens nécessaires pour réussir ce défi ?
Ces moyens, ce sont les hommes et nous avons les hommes. Il y a aussi les idées et nous en avons, mais vous les médias devez nous accompagner.Il faut que les médias incitent les touristes nationaux ou étrangers à aimer la chose. Parce qu’on a constaté que tous nos médias sont focalisés sur la politique. Il faut qu’ils changent un peu cette manière de faire. Ce n’est pas seulement la politique qui fait vendre, il y a d’autres secteurs comme le tourisme qui attirent des lecteurs
Quel est l’impact de cette érection de Grand-Bassam en ville patrimoine de l’Unesco, sur les habitants ?
Cet impact ne peut être perceptible que si les médias montrent ce que c’est que la ville de Grand-Bassam et ce que vaut cette ville. Vous savez bien que c’est la première capitale de notre pays; c’est de là que les femmes ont marché pour aller libérer leurs maris. Ce sont des faits historiques à mettre en exergue pour que le monde entier vienne découvrir Grand-Bassam, et forcement cette attraction va rejaillir sur les populations
Quels sont les grands chantiers sur lesquels travaillevotre association ?
C’est d’abord de faire de la ville de Grand-Bassam un véritable pole d’attraction touristique en mettant la lumière sur les immenses richesses de la ville de Grand-Bassam, ensuite permettre à ses membres de s’entraider. Et enfin, créer des conditions pour l’épanouissement des membres en continuant de lancer les appels pour venir en aide aux acteurs du tourisme, de la restauration et de l’hôtellerie de la ville. Les chantiers sont énormes mais nous y croyons. Mais déjà, à notre prise de fonction, nous avons organisé plusieurs activités entre autres, des concerts pour attirer le public dans la ville de Grand-Bassam, travailler pour que cette ville ait un bon environnement, et pour cette fin d’année nous préparons beaucoup de bonnes choses comme les feux d’artifice dans la ville parce que c’est notre période de traite.
Votre mot de fin
Dire aux Ivoiriens et aux touristes de tous horizons que Grand- Bassam demeure une ville par excellence de tourisme avec ses plages et que tout ce qui s’est passé doit être un vieux souvenir, un peu comme le Bataclan en France qui a vécu la même chose, mais qui continue d’attirer le monde. Nous n’oublions pas de dire merci au journal ‘’Aujourd’hui’’ avec à sa tête son directeur général qui nous ouvre cette lucarne pour parler des merveilles de Grand-Bassam et de notre association HOREST dont l’objectif principal est non seulement de défendre les intérêts des acteurs, mais surtout de booster le secteur du tourisme à Grand-Bassam. Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire.

Réalisée par José TETI






















