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Interview/ Aimann RAAD: « Alpha Blondy est le Bob Marley africain »

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Aimann Raad est un artiste ivoiro-libanais né en Côte d’Ivoire  qui a suivi une carrière dans la musique reggae depuis 2002. Il est également producteur de spectacles. Son premier titre « Wanted for Arrest » sorti en 2005 a été enregistré en Jamaïque avec un producteur de la compagnie High Quest production. Des productions indépendantes faites sur de la musique reggae roots avec des paroles fortes pour éveiller les consciences. L’artiste décrit  son genre musical comme un style ‘’up beat’’ qui fait bouger beaucoup et allie des sonorités roots au dance hall. Aimann Raad que nous avons rencontrénous partage ici sa passion pour la musique reggae

D’où est venue cette passion pour la musique reggae ?

C’est une passion qui date de mon jeune âge et développée grâce à nos grands frères et l’environnement musical dans lequel je me trouvais ici en Côte d’Ivoire avec des artistes comme Alpha Blondy, Hamed Farras, Tangara Speed Godha, Ramsès de Kimon etc. Il faut dire qu’on a été bercé par leur musique. En plus de cela, on avait des grands frères qui aimaient écouter les chansons des légendes comme UB-40, Bob Marley, Peter Tosh, Burning spear, Steel pulse etc. C’est donc tout cet environnement qui nous a poussés à aimer le reggae ici en Côte d’Ivoire qui est une terre de musique avec de grands artistes

On a également appris que vous avez séjourné aux Etats-Unis. N’est-ce pas ?

Tout àfait, en 1999 j’ai quitté la Côte d’Ivoire pour les Etats-Unisprécisément à Austin auTexas où j’ai passé cinq ans pour des études, et parallèlement à cela, je faisais de la musique avec le groupe  ‘’Seven Seals’’, après j’ai créé mon propre groupe  ‘’ The Lion Head Band’’, avec lequel j’ai fait les premières parties de concerts de grands artistes comme Luciano, Culture, Méditations, Kymany Marley, Collie Budzz, etc. On organisait également beaucoup de festivals à Austin au Texas jusqu’en Jamaïque.

Qu’est ce que tous ces noms vous ont apporté ?

Ils m’ont permis d’atteindre déjà mon rêve, de gagner en maturité en expérience à mon jeune âge en côtoyant toutes ces sommités du reggae telles que I Jah Man, et surtout de rester humble. Parce qu’il ne s’agit pas de crier sur tous les toits qu’on est ceci ou cela, car la musique reggae est d’abord une musique mystique et spirituelle, qui permet d’éveiller des consciences, à l’instar des jeunes générations qui avancent aujourd’hui avec les nouvelles technologies. Le reggae est là pour remettre les choses en place.

De retour des Etats-Unis, l’intégration en Côte d’ivoire a-t-elle été facile pour  vous ?

Il faut dire que, chaque année, je venais au pays et je travaillais avec les artistes comme Kajeem, Spyrow et autres qui sont devenus comme des frères et organisait des festivals. A partir de 2009, J’ai fait deux ans en Haïti aussi et quand je suis revenu ici en Côte d’Ivoire, il y a eu le concert de Tiken Jah en 2010 au palais de la culture, concert au cours duquel feu Dez Parker m’a fait jouer en première partie avec le groupe ‘’Wisemen’’. Et le public reprenait bien mes chansons qui étaient déjà sur youtube. Franchement, ça m’a fait chaud au cœur.Pour dire que je n’ai pas eu de problème d’intégration. En tout cas, les vibrations étaient bonnes.

On a appris que vous êtes également dans l’événementiel

Effectivement, je suis dans l’évènementiel. Vu qu’on est seul et indépendant, j’ai mis sur pied une structure qu’on appelle ‘’Yafoy Production’’ qui a créé l’évènement‘’Reggae party’’ qui est un concept permettant aux artistes locaux de présenter leurs propres productions devant le public parce qu’on avait remarqué quetous ces jeunes artistes, malgré leur talent, ne faisaient que des interprétations dans les clubs. Jusqu’à la 8e édition et en collaboration avec des hôtels partenaires, on a fait venir Clinton Ferron qui est un des membres fondateurs du groupe ‘’ The Gladiators’’ et on a monté également un autre ‘’reggae party ‘’avec Morgan Héritage ; il y a eu ce jour-là une rencontre des différentes générations d’artistes ; d’un côté, la génération d’anciens comme les Gladiators, Morgane héritage, et de l’autre les artistes locaux comme Kajeem et bien d’autres jeunes artistes ivoiriens

Parlez-nous de vos singles

Le premier single sorti en janvier dernier s’intitule ‘’ Jah Bless I’’ qui est sorti avec un clip vidéo. Cette chanson parle de la bénédiction. Même si les portes vous sont fermées, il y a toujours une qui s’ouvre pour vous. Dans le clip, on voit une personne qui a tout perdu et qui va à un concert de musique et là, il tombe sur une âme généreuse qui lui trouve du travail. Mon second singleenregistré en novembre dernier  s’intitule  ‘’Up on the road’’ et le clip a été tourné aux Etats-Unis avec mon groupe ‘’ Lion Head Band’’ avec lequel je bosse ; cette œuvre sortira début 2019. Dans la chanson, je dis que sur ce chemin de la vie, il y a toujours un prix à payer, un sacrifice à faire. Une façon de demander aux uns et autres de ne jamais se détourner du chemin que Dieu  a choisi pour nous. Tous ces singles sont bien accueillis par notre public, les chansons sont reprises par le public lors de nos spectacles, ils sont disponibles sur les plateformes de téléchargement comme ITunes, Facebook, en Cd etc ;

Vos messages sont-ils tous bienperçus par votre public ?

Pas totalement perçus par le public d’ici mais par contre au Texas où j’étais récemment en tournée, les messages sont bien perçus, certainement pour des raisons de barrière linguistique.Cela m’amène donc à traduire certaines de mes chansons en français pour que ces messages soient saisis par mes fans des pays francophones.

Votre appréciation sur le reggae ivoirien

C’est un reggae qui est tout particulier qui n’est pas celui de la Jamaïque ni d’autres pays. Il a une identité particulière, c’est un reggae roots. On a tous été bercé par la musique d’Alpha Blondy qui est le Bob Marley africain, il y a aussi Lucky Dube qui nous a bercés également et qui est venu ici à Abidjan au stade Félix Houphouët- Boigny ; la Côte d’Ivoire a la chance d’avoir de très bons artistes reggae mais il faut réussir à créer un pont entre eux et ceux des autres grands pays pour faire connaitre ce qu’ils font et ce qu’ils chantent comme l’ont fait les Jamaïcains qui ont quitté leur pays pour aller faire connaitre leur reggae dans d’autres contrées et qui, aujourd’hui a permis que cette musique soit inscrite au patrimoine de l’Unesco.

Votre mot de fin

C’est de souhaiter d’abord que ces fêtes de fin d’année se passent dans la paix pour les Ivoiriens, demander aux parents de bien éduquer leurs enfants afin qu’ensemble on ait une Côte d’Ivoire qui plaise au monde entier. Ensuite, dire que la structure ‘’ Yafoy production’’ a de nombreux projets pour 2019 avec tous les frères comme Rami Raad qui est mon frère et qui a des productions à sortir très bientôt au niveau de la structure. Et enfin dire merci à tous mes fans, surtout bonne fête à tous.

 Réalisée par José TETI

 

Legende/ Aimann Raad est un virtuose de la guitare


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